Un homme portant un costume noir et une montre sophistiquée, assis à une table en extérieur, avec des chaises et des tables en arrière-plan.

Marc ChÂteau

Auteur.
Diplômé en psychologie et en informatique.
Réside actuellement à Aix-en-Provence en France.

Marc Château explore les profondeurs humaines et les structures qui les façonnent. Avec des histoires libres, mêlant les genres, il souhaite transmettre un héritage littéraire et le plaisir de lire.

Ses livres sont publiés en auto-édition avec pour chaque livre, une forme artisanale originale.

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Créer l’inédit

Dès que j’ai commencé à écrire mes premiers poèmes, je compris que je n’avais encore jamais retrouvé pareil récit. J’imaginais non pas des livres comme ceux qui sont rangés calmement dans les étagères d’une bibliothèque ; je voulais faire vivre l’expérience de la vie telle que je l’avais vécue : intense et sulfureuse.

Malgré le calme et les silences des autres, je compris assez vite que les éditeurs, voire même les lecteurs en général, cherchaient avant tout à lire à petits prix, à lire vite et bien, à corriger même l’auteur s’ils en avaient l’occasion.

Ma philosophie propre deviendrait alors un rouage de plus dans une industrie du livre qui ne manque pas d’auteurs talentueux. Et puisque nous lisons ainsi depuis des siècles, alors pourquoi faire autrement ?

Le pouvoir de la littérature m’est alors apparu distinctement : ce sont des artefacts remplis de pensées. Je pouvais y déposer toutes mes pensées, et comprendre mon propre inconnu. En faire un livre, et le partager à mes contemporains certes, mais aussi à toutes les futures générations.

Faire de la lecture un moment de partage intergénérationnel et intemporel… On ne pouvait pas gâcher ce puissant temps d’ouvrage pour que je fasse de simples livres. Il me fallait réimaginer l’expérience littéraire complète.

J’entrepris le design de chacun de mes livres d’une façon inédite, car chacun de mes livres a une histoire, une raison d’être, une explication pour laquelle il existe, et est vivant parmi nous désormais pour l’éternité.

L’assemblage des mots ensemble, tel la conception d’un tissu, est une forme d’art qui prend du temps, de la patience, mais aussi de la réflexion. En ce sens, j’ai souhaité créer pour chacun de mes ouvrages un design unique, unissant les savoir-faire, qui raconte l’histoire de l’histoire. 

La plupart de mes livres sont rédigés sur plusieurs années, je prends le temps de faire mûrir mes idées avant de les sceller à leur destin. Tel une bouteille grand cru attendant son heure dans une cave, mes livres attendent leur lecture, pour procurer un goût inédit.

L’homme ordinaire
qui se voulait
extraordinaire

J’ai commencé à écrire mes poèmes et mes pensées à l’âge de 18 ans. Arrivé au jour de mon anniversaire, ayant tellement attendu d’être adulte, j’ai été surpris de voir à quel point la vie s’accélère, et qu’il m’est difficile de capturer mes sentiments pour les faire vivre à travers le temps.

Tout paraissait éphémère, aussi passager qu’une musique ou qu’un papillon. Ma vie intérieure a pris un coup en comprenant la volatilité de ma propre existence.

Ma mère, voyant mon moral au plus bas, m’apporta deux cahiers de grande qualité. L’un était vert, l’autre était rouge. Dans le vert, je l’ai rempli de poèmes (Poèmes de jeunesse), tandis que le rouge fut le sentier d’un questionnement métaphilosophique sur l’origine, les causes, les conséquences des événements de la vie (La Métaphilosophie : La Théorie de l'Équilibre). Ces livres seront publiés en temps voulu.

Je me suis ensuite orienté vers des études de psychologie, et mes livres sont devenus mes séances de réflexion, où je pouvais libérer mes pensées, et garder le souvenir de mon esprit fuyant avec l’instant présent.

Après quoi, j’ai participé à des cours de littérature à l’université, où j’ai eu les meilleures notes de la classe. Mon auditoire était à chaque fois captivé par ma prose. Cela n’a duré qu’un temps de divertissement. Cela ne me suffisait pas. Je voulais changer le monde par ma littérature, lui apporter un nouveau souffle.

La professeure me recommanda de continuer, et je l’ai fait. J’ai rencontré des personnes admirables qui ont réussi de près ou de loin dans cet art littéraire. Leurs conseils, leurs visions, et leurs personnalités m’ont été utiles, et je ne les remercierais jamais assez.

Moi qui étais né dans une famille modeste, je rêvais de faire mes jours dans des lieux extraordinaires. Vivre une vie de château, à l’abri du temps, protégé par la cordialité bourgeoise. Ainsi, j’ai participé à des expositions, des conférences, des vernissages, et autres. Je compris que mon art n’avait que rarement été vu de façon similaire. 

Mais pour le moment, je ne faisais que l’imaginer.

Il me fallait du temps pour maintenant le construire tel qu’il sera pour toujours.

Après quelques années, j’ai tenté le grand saut : une année entière consacrée à la littérature. Je m’étais arrangé pour être rentier régulier, et pouvoir me plonger dans l’écriture de façon libre et artisanale. J’ai donc appelé mon livre : Liberté artisanale.

Ce livre n’était destiné à aucun public. Je ne l’ai pas écrit pour le faire lire, ou expliquer quelque chose. Je l’ai écrit car, en le faisant, j'inscrirais dans l’histoire du monde mon aventure d’un homme ordinaire qui se voulait extraordinaire.

Ce n’était pas un journal intime non plus. Cependant, on pouvait y lire mes raisonnements très personnels qui faisaient de moi cette personne que je suis désormais.

M’aurait-il fallu plus de temps ? Depuis des années, je connais déjà certaines de mes œuvres ; elles me donnent le goût de vivre. Je les laisse, comme du vin dans une cuve, devenir ce qu’elles doivent devenir.

Je regorge de patience quant à mon art, et ceux qui me suivront pourront apprécier la patience avec laquelle j’ai écrit. Car je ne voulais pas juste écrire pour remplir les bibliothèques du monde déjà bien assez remplies… je voulais transmettre quelque chose d’extraordinaire ! 

Avant de redevenir totalement ordinaire, puisque les œuvres appréciées sont recopiées.

Ancrer le souvenir de mon expérience humaine

« Mes livres sont devenus mes séances de réflexion, où je pouvais libérer mes pensées, et garder le souvenir de mon esprit fuyant avec l’instant présent. »
— Marc Château

L’art littéraire incorpore irrémédiablement cette étrange faculté : résister face au temps.

Là où moi, être de chair, je grandis, je vieillis, puis je disparais, l’écrit, lui, persiste. Il se fige, il traverse. Tel un diamant qui ne perd jamais sa brillance, il demeure tel qu’il fut déposé, inaltérable, témoin silencieux d’une pensée incarnée jadis.

« Dans la littérature, j’ai cherché à dominer l’emprise de l’éphémère, à vaincre la fuite des jours et à capturer une essence propre du vécu. Une essence rendue palpable par la lecture. »

Des verbes simples aux dénominations les plus complexes, l’écriture fut pour moi un remède. Un exutoire. Un abri. Moi qui ai pris l’habitude de penser par moi-même, de trop penser pour un seul esprit, j’y ai trouvé un allié. J’y ai déposé mon âme. Ce que je livre n’est pas un livre, mais une offrande : une part de mon expérience humaine, façonnée par mes souvenirs du monde.

Je me souviens d’un moment précis où j’imaginais un navire chargé de pensées, voguant à travers le Néant. Il était l’image de mon existence. Ma solitude intérieure prenait la forme d’un capitaine : moi, face à l’immensité du réel, dirigeant ce vaisseau sans port d’attache (Le Capitaine-Émotion : Le Voyage (livre en cours d’écriture)).

Et pourtant, il avançait.

Sa proue majestueuse, presque mystique, semblait connaître le chemin dans ce vide où mes yeux ne voyaient rien. Ce fut un passage de ma vie qui a disparu et pourtant grâce aux pouvoirs de l'art littéraire, ce navire et cette histoire existera pour toujours.

Nous vivons pour notre propre conscience. Rien, au-delà d’elle, ne peut nous apparaître comme réel. Alors pourquoi feindre que tout nous est possible ?
Assis dans la cabine de ce bateau, j’ai réfléchi de longues heures. Pourquoi poursuivre ? Pourquoi vivre si tout semble déjà écrit ?

La réponse n’est pas venue sous forme de logique, mais de vie : la vie ne cesse pas parce que l’on a décidé qu’elle devait s’arrêter. Une force plus grande nous pousse à avancer. Elle nous pousse à penser, pour nous faire vivre.

Alors, j’ai guidé mon navire jusqu’au port. J’ai posé le pied à terre. À mes côtés, ma proue, devenue ma compagne, ma fiancée puis mon épouse, me suivait.

J’avais trouvé mon but :
Je construirai un château ici.
Je deviendrai Marc Château.

Transcender son existence

Un jour, j’ai ouvert un livre sur les pensées. 

C’était L’Art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer.

Il m’a fallu trois jours pour saisir pleinement ce qui venait de m’arriver. Trois jours pour comprendre qu’un homme, deux siècles avant moi, m’avait offert un paradigme neuf, une manière différente de voir le réel.

Par la seule force de ses mots, il avait planté en moi une graine de vision.

Depuis, je suis fasciné par ce pouvoir propre à la littérature : celui de transcender l’esprit, d’apporter une essence invisible qui rend notre vie plus habitable.

Chaque récit, aussi modeste soit-il, transporte l’âme. Il nous relie. Au-delà des croyances, des religions, des philosophies, il fait de nous des contemporains. Une simple dépêche, un post sur Internet : tout écrit devient matière à conscience.

Je me devais de décrire ce phénomène, pour mieux comprendre le monde, pour appréhender mon destin. Cela a été un de mes premiers travaux d’écrivain (Le Livre qui se livre (livre en train de maturer)). Car à chaque époque, à chaque vie, nous aspirons à dépasser ce qui fut, pour mériter un éclat d’équilibre et de lumière.

Entre les bavardages, les leçons, les estimations et les déclarations, l’art littéraire s’est imposé comme un socle de notre civilisation. Il en a gravé les lois, inscrit les sciences, formulé les règles qui, bien que tacites, nous guident pour un mieux-vivre ensemble.

Et tout cela, contrairement à Arthur Schopenhauer, il faut le faire avec le sourire. Parce qu’il n’y a que ceux qui sourient qui savent qu’ils sont encore vivants.

Ceux qui survivent racontent ce qui peut encore être vécu.
Chacun y va de son dogme, de son manifeste, de sa vérité.
Mais moi, dans mon Château, que pouvais-je donc offrir, puisque tant avait déjà été pensé et tant avait déjà été rédigé ?

Chaque génération voit surgir ses philosophes rebelles et ses conservateurs acharnés. Une lutte éternelle entre ce qui doit rester et ce qui doit changer : ainsi va la nature humaine. Mais même si tout avait déjà été écrit, l’avait-on déjà écrit comme moi ? Avec ma voix, ma solitude, mon Château ?

Il me fallait faire vivre cet art littéraire à la façon Château : Solide. Résistant. Accueillant.

Un lieu où les invités, les amis, la famille, pourraient se sentir libres comme je l’ai été. L’idée me traversa l’esprit. Et mes contemporains sourirent.

Car malgré leurs propres idées, je ne leur imposais rien. Je leur offrais simplement d’être avec un moi du passé quelques instants.

À travers mes mots, ils pouvaient s’échapper, redevenir vents, pensées, bribes d’âme en mouvement. Ils prenaient le large vers ce qui restera toujours intangible : l’océan imaginaire des pensées humaines. Pourtant, nous y nageons tous. Certains coulent. D’autres flottent. Et parfois, on y apprend à voguer. Jusqu’à en arriver à écrire sa propre histoire par la suite, comme je le fais ici.

Car ceux qui liront du Marc Château, reviendront peut-être à leur propre navire de pensée, avec une conviction nouvelle : Cette solitude humaine est partagée (La Vie Intérieure).

Et, quelque part, une vie heureuse est possible.

Une fois arrivé à bon port. Dans lequel on peut se transcender en la personne idéale qui puisse exister avec les compromis de notre vie bien réelle.